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NOTATION CONGO HERALD, RDC T1 2026 : Le Vrai Bulletin De Notes Que Kinshasa Ne Publiera Jamais

Voici la Notation Congo Herald T1 2026 : dix critères, six grilles, une note de A à F. Sans filtre. Sans Eurobond à protéger. Sans omertà kinoise. Note globale : D+

Par Ascendance Strategies
7 septembre 2026
Dans Notation
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Les 10 Graves Erreurs Stratégiques de Tshisekedi Face à la Guerre à l’Est: Comment Le Président a Perdu Goma, Bukavu, Uvira Sans Livrer Combat
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Chaque trimestre, les agences internationales publient leurs verdicts sur la RDC.

S&P dit B−. Moody’s dit B3. Bloomfield dit BB− régional.

Tout le monde applaudit la résilience. Personne ne publie le bulletin complet.

Congo Herald le fait.

Voici la Notation Congo Herald T1 2026 : dix critères, six grilles, une note de A à F.

Sans filtre. Sans Eurobond à protéger. Sans omertà kinoise.

Note globale : D+


① Croissance extractive. Note : C

5,5% de croissance en 2025. Moody’s projette une production de cuivre à 3,5 millions de tonnes en 2026, portée par Kamoa-Kakula et les complexes du Lualaba. S&P s’appuie sur les mêmes chiffres pour son outlook positif. La Banque mondiale, elle, tranche dans « Du Parking à la Voie Rapide » : la croissance est « fortement concentrée sur les secteurs à forte intensité de capital » et ne se traduit pas par des emplois. Le secteur minier représente 40% du PIB et emploie 2,6% des travailleurs.

Ce que les agences minimisent : la suspension des exportations de cobalt entre février et octobre 2025 a fait chuter les volumes de 78%. La RDC représentait 76% de la production mondiale en 2024, et a joué cette carte pour faire remonter les prix de 21 349 $/t à 51 647 $/t. Bonne tactique.

Mais structurellement, si Pékin ralentit ou si les batteries lithium-ion sans cobalt s’imposent (tendance documentée), la note souveraine vacille avec le marché.

La BAD, dans son « African Economic Outlook » d’avril 2026, projette une croissance régionale à 4,3% en 2026 : la RDC surperforme sur le papier, sous-performe en substance.

Note : C


② Gestion budgétaire. Note : D

La RDC a clôturé 2025 avec un déficit de 2,4 milliards de dollars au-dessus des prévisions. Janvier 2026 : recettes à 86,1% des objectifs, écart de 466 millions de dollars dès le premier mois. La loi de finances initiale 2026, promulguée le 29 décembre 2025, affichait 54 335,8 milliards de CDF (environ 22 milliards de dollars, 20,2% du PIB), en hausse de 7,2%. Insuffisant pour un territoire de 2,3 millions de km², et déjà intenable au premier trimestre.

À cela s’ajoute un chiffre BCC passé sous silence : la demande extérieure nette s’est creusée de 19,1% en 2024, s’établissant à −28,3 milliards de CDF. Le pays importe structurellement plus qu’il n’exporte en valeur réelle. La dépendance aux recettes minières n’est pas un choix : c’est une contrainte de survie budgétaire.

Muzito a entamé le 9 mars 2026 des consultations pour une loi de finances rectificative, invoquant la guerre en Iran. Le verdict est tombé : adopté en Conseil des ministres le 20 mai 2026, le collectif budgétaire s’établit à 50 295,1 milliards de CDF (environ 21,9 milliards de dollars), en baisse de 7,4% sur la loi initiale. Un budget révisé à la baisse dès les cinq premiers mois de l’exercice. Bloomfield, dont la méthodologie évalue explicitement la cohérence des politiques budgétaires, classe cela comme signal d’incohérence structurelle. S&P maintient B−, soit six crans sous l’investment grade, et applaudit mollement.

Note : D


③ Masse salariale et entreprises publiques. Note : D−

Le FMI qualifie la dynamique salariale de « risque budgétaire majeur ». La Banque mondiale chiffre : dans les entreprises publiques congolaises, les coûts de personnel représentent 30 à 45% du chiffre d’affaires. Pour la SNCC : 96%. Pour la MIBA : 137%. La moyenne internationale : 15 à 25%.

Entre 2014 et 2023, les pertes cumulées des entreprises publiques ont atteint 5,3 milliards de dollars.

La SNEL électrifie 22% de la population. La REGIDESO couvre 16% en eau. La SNCC roule à 13 km/h sur 14% de son réseau.

La réunion inaugurale du Comité de pilotage conjoint RDC-USA, tenue au Département d’État le 5 février 2026, a officiellement lancé la mise en œuvre du Partenariat Stratégique, avec la désignation de la liste initiale des actifs de la Réserve d’Actifs Stratégiques. Washington attend un partenaire capable. Avec des entreprises publiques aux abonnés absents depuis dix ans, Kinshasa n’est pas encore ce partenaire. Dans un scénario de défaut partiel des 11 principales EP, le gouvernement ferait face à 179 millions de dollars de coûts en une seule année.

Note : D−


④ Politique monétaire et réserves. Note : C−

Le franc congolais s’est apprécié de 30% en 2025. L’inflation est tombée à 2,3% en décembre. La BCC a abaissé son taux directeur à 15% en janvier 2026. Les agences applaudissent. Bloomfield regarde les réserves.

À 2,82 mois d’importations au 5 février 2026, sous le seuil de référence de 3 mois. Les réserves ont reculé de 572 millions de dollars depuis août 2025. On stabilise en dépensant, pas en produisant. Bloomfield intègre explicitement l’évolution des réserves en mois d’importations comme critère souverain. La stabilité est réelle. Son coût reste invisible dans les communiqués.

Note : C−


⑤ Endettement souverain et viabilité de la dette. Note : C

Bonne nouvelle, rare : la dette publique s’établit à 23,2% du PIB en 2025, bien en dessous du seuil de 35% du FMI. L’analyse de viabilité de la dette de juin 2025 projette une baisse à 13,2% d’ici 2035. Le risque de surendettement est jugé « modéré ». Sur ce critère spécifique, la RDC fait mieux que la moitié de l’Afrique subsaharienne.

Mais l’ombre des entreprises publiques plane. Leur dette représente 7,3% du PIB supplémentaire, soit 42% de la dette publique extérieure totale, non consolidée dans les ratios officiels. La SNEL détient 75% de cette dette. La Gécamines 16%. Ajoutez les arriérés fiscaux des EP estimés à 1,8% du PIB et les passifs sociaux (arriérés de salaires dépassant 100 mois dans certains cas) : la dette réelle est largement sous-estimée dans tous les tableaux de bord des agences.

S&P et Moody’s notent la dette souveraine explicite. Bloomfield regarde les passifs contingents. L’ITIE documente les écarts entre recettes déclarées et recettes effectives dans le secteur extractif. Sur ce critère, la RDC bénéficie de la comparaison régionale, mais sur une base trompeusement étroite.

Note : C


⑥ Gouvernance et corruption. Note : F (sous surveillance)

La RDC obtient 20 sur 100 au CPI 2025, rang 163 sur 182, inchangé. L’ITIE-RDC documente les écarts de réconciliation entre paiements déclarés des entreprises minières et recettes enregistrées par l’État, des dizaines de millions de dollars annuellement. La Banque mondiale confirme : en 2024, seules 10 des 20 principales entreprises publiques ont publié leurs états financiers.

Le TPEF a été créé par ordonnance présidentielle le 14 mars 2026, avec l’appui de la Banque mondiale, du FMI et de l’UNODC. Signal institutionnel sérieux. Mais la RDC compte déjà l’IGF, la Cour des Comptes, le CSP, le COPIREP. Toutes existent. Toutes manquent de moyens, d’indépendance et de dents. Le vrai test du TPEF sera de nommer qui il devra condamner.

L’IGF existe. La Cour des Comptes existe. L’impunité aussi.

Note : F. Sous surveillance à 90 jours.


⑦ Droits humains et libertés civiles. Note : F

Le rapport HRW 2026 documente que la situation des droits humains s’est considérablement aggravée en 2025 en raison de violations du droit de la guerre dans l’Est, notamment une hausse des attaques contre les civils par les ADF liés à l’État islamique, ainsi que des combats entre le M23 soutenu par le Rwanda et les FARDC.

2 560 violations des droits humains ont été documentées par l’ONU dans l’Est rien que sur la période récente examinée, les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Maniema concentrant l’essentiel de cette hémorragie. La commission d’enquête indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme a conclu que les violations commises par toutes les parties peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Sur le plan des libertés civiles, HRW documente la répression continue contre l’opposition et les médias. L’état de siège est en vigueur au Nord-Kivu et en Ituri depuis 2021, sans discontinuer. HRW, Global Witness et Amnesty convergent en notant qu’aucun progrès systémique n’a été observé.

Note : F


⑧ Développement humain et pauvreté. Note : F

La Banque mondiale est sans appel : en 2024, 81,7% des Congolais vivaient sous le seuil de 3 dollars par jour, taux le plus élevé au monde. Le taux devrait reculer à 80,1% en 2027, soit 1,6 point en trois ans malgré une croissance à 5,5%. L’IDH de la RDC s’élève à 0,481, classant le pays au 180e rang mondial sur 193.

La Banque mondiale maintient la RDC dans la catégorie des économies à faible revenu avec un RNB par habitant inférieur à 1 135 dollars. Seuls 66% des Congolais en âge de travailler ont un emploi, dont 69% à leur compte dans l’informel. 58% travaillent dans l’agriculture. Ce plancher empêche structurellement tout upgrade souverain, indépendamment du cobalt.

Note : F


⑨ Transition énergétique et Inga 3. Note : C− (potentiel réel, exécution zéro)

La RDC dispose d’un potentiel hydroélectrique estimé à 42 000 MW, le plus grand au monde. Elle utilise moins de 3,2% de cette capacité installée. C’est la contradiction énergétique la plus absurde du continent.

Les signaux T1 2026 sont toutefois les plus concrets depuis des décennies : un protocole d’entente a été signé le 2 février 2026 entre l’ADPI et l’Agence française de développement pour structurer Inga 3, dont le coût est estimé à 14 milliards de dollars. Le 3 juin 2025, la Banque mondiale a approuvé un crédit d’un milliard de dollars pour le développement d’Inga III, dont 250 millions sont déjà disponibles, mais l’entrée en vigueur des accords de financement au 2 février 2026 a rendu impérative la finalisation du cadre de gouvernance.

Le gouvernement a adopté le projet de loi Inga le 27 mars 2026 en Conseil des ministres, avec transmission au Parlement prévue au 31 mars. La RDC et l’Afrique du Sud relancent leurs négociations pour l’exportation de 5 000 MW dès avril 2026.

Inga est l’actif du siècle, annoncé depuis les années 1950, perpétuellement différé. La cadence de 2026 est différente. Pas encore suffisante pour changer la note.

Note : C−


⑩ Commerce extérieur et intégration régionale. Note : C−

La RDC exporte 52,4% vers la Chine. Aucun autre partenaire commercial ne dépasse 15%. Cette concentration est une vulnérabilité structurelle documentée par la BAD et le FMI. La demande extérieure nette s’est creusée de 19,1% en 2024 à −28,3 milliards de CDF.

En octobre 2025, la RDC a déposé une requête de financement de 500 millions de dollars auprès de la Banque mondiale pour sa participation au corridor de Lobito, axe ferroviaire reliant les zones minières du Katanga au port atlantique angolais. Ce corridor est mentionné dans le deal US-DRC comme priorité stratégique. Les travaux côté zambien pourraient démarrer au T3 2026. Côté congolais, la réhabilitation des tronçons Tenke-Lubumbashi-Sakania et Tenke-Kolwezi-Dilolo est planifiée.

La ZLECAf reste une promesse sur papier pour la RDC : pas d’intégration tarifaire réelle, pas de diversification des partenaires commerciaux, pas de transformation locale. Le Lobito est la première infrastructure sérieuse depuis des décennies. Elle n’est pas encore construite.

Note: C−


NOTATION CONGO HERALD, T1 2026

Note globale: D+

#CritèreNoteGrilles
①Croissance extractiveCMoody’s · S&P · Banque mondiale · BAD
②Gestion budgétaireDS&P · Bloomfield · FMI · BCC
③Masse salariale / EPD−Banque mondiale · FMI · State.gov
④Politique monétaire / RéservesC−BCC · Bloomfield · S&P
⑤Endettement souverainCMoody’s · S&P · FMI · ITIE
⑥Gouvernance / CorruptionFCPI 2025 · ITIE · Banque mondiale
⑦Droits humains / LibertésFHRW · ONU · ACLED
⑧Développement humain / PauvretéFBanque mondiale · BAD · PNUD
⑨Transition énergétique / Inga 3C−Banque mondiale · AFD · ADPI
⑩Commerce extérieur / LobitoC−BAD · Banque mondiale · FMI
 NOTATION CONGO HERALD T1 2026D+ 

Équivalent souverain : S&P B− · Moody’s B3 · Bloomfield BB− régional · Fitch non noté RDC. Statut spéculatif, six crans sous l’investment grade.

Note : Fitch Ratings ne couvre pas directement la RDC à ce stade, l’agence note la République du Congo (Congo-Brazzaville) à CCC+. Cette absence est elle-même significative.


Pourquoi D+ et pas D− ?

Trois actifs réels tirent la note vers le haut : une visibilité diplomatique internationale exceptionnelle (Conseil de sécurité de l’ONU, accord avec Washington, actifs désignés), un potentiel minier structurel intact que personne ne peut ignorer, et les signaux Inga 2026, les plus concrets en soixante ans. Ces atouts existent. Ils ne compensent pas les F. Mais ils empêchent le glissement vers le Caa.

La RDC a convaincu les marchés. Elle n’a pas encore convaincu les siens.

Tôt ou tard, ce sont les Congolais qui notent le pays.

Leur Notation T1 2026 : pas encore positive.


La Notation Congo Herald est une évaluation trimestrielle produite en partenariat avec Ascendance Strategies (ascendance-strategies.com), cabinet parisien spécialisé en analyse politique et due diligence sur la RDC. Prochaine notation : T2 2026.

Prochaine notation : T2 2026.

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