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Le Pouvoir et l’Argent de la CENCO : l’Église congolaise est un État dans l’État

Il y a un an, nous décrivions la CENCO comme un État dans l'État. Dix mois plus tard, la même institution est devenue le verrou de la République face au glissement constitutionnel. La puissance demeure. Le cadrage change. Mise à jour.

Par La Rédaction
21 juin 2026
Dans Actualité
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Le Pouvoir et l’Argent de la CENCO : l’Église congolaise est un État dans l’État
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Kinshasa, RDC. En août 2025, Congo Herald décrivait la CENCO comme un empire parallèle dont la puissance économique, médiatique et diplomatique faisait de l’ombre à Kinshasa. Dix mois plus tard, le 20 juin 2026, la même institution est devenue le verrou constitutionnel qui empêche le pouvoir Tshisekedi de glisser, à coups de référendum, vers un troisième mandat. La puissance que nous décrivions alors n’a pas disparu. Mais sa fonction politique s’est précisée. Ce que nous prenions pour un État dans l’État est, à la lumière de la crise constitutionnelle, autre chose. Un contre-pouvoir civil dans un État qui n’arrive plus à se réguler lui-même. La distinction n’est pas mince. Elle change la lecture de tout le dossier.

La CENCO ne se contente pas de prêcher. Elle pèse. Elle investit. Elle arbitre. Elle parle. Et le jour où elle dit non, elle est entendue. Reste à comprendre ce que cette institution représente, et pourquoi sa puissance, plutôt que d’être un problème démocratique, est devenue une condition de la République.

I. Le patrimoine et les revenus, une puissance économique réelle

Derrière les soutanes se trouve une institution dont les capacités économiques dépassent celles de nombreuses provinces congolaises. L’Église catholique est l’un des principaux propriétaires fonciers du pays après l’État. Écoles, hôpitaux, centres de formation, résidences épiscopales, terres agricoles et immeubles de rapport composent un patrimoine accumulé sur plus d’un siècle de présence missionnaire et institutionnelle.

Les revenus de la CENCO ne reposent pas seulement sur la quête dominicale. Ils combinent les transferts du Vatican et des conférences épiscopales partenaires, les loyers et droits d’usage des biens immobiliers, les frais de scolarité des écoles catholiques, les recettes des hôpitaux confessionnels et des dons individuels ou institutionnels. Une partie des flux internationaux transite par les structures financières du Saint-Siège, par des organisations catholiques européennes et par des relais bancaires en Belgique, en Italie et en Suisse, conformément à la circulation classique des organisations religieuses internationales.

Cette architecture pose des questions de transparence légitimes. Les états financiers consolidés de la CENCO ne font pas l’objet d’une publication régulière. Le détail des transferts diocèse par diocèse n’est pas accessible au public. La séparation entre le patrimoine de l’institution et les avantages personnels des dignitaires n’est pas documentée institutionnellement. Ces questions sont celles que l’on poserait à toute institution disposant d’un patrimoine équivalent. Elles méritent d’être posées sans le filtre du soupçon généralisé : la transparence financière de la CENCO est une question de gouvernance institutionnelle, pas une preuve de prédation. La nuance est essentielle.

Ce qui est en revanche établi par les faits, c’est qu’à l’aune des ressources financières et humaines accumulées, la CENCO est dotée d’une capacité opérationnelle qui dépasse celle de plusieurs ministères congolais. Cette capacité est devenue, dans la durée, une condition de fonctionnement de l’éducation, de la santé et de la médiation civile dans des pans entiers du territoire que l’État n’atteint pas ou n’atteint plus.

II. L’influence électorale, une infrastructure de crédibilité

Avec une population catholique estimée autour de cinquante pour cent du pays, la CENCO bénéficie d’une portée communicationnelle inégalée. Chaque dimanche, ses messages atteignent directement plusieurs dizaines de millions de fidèles. À l’heure d’une presse écrite anémique et d’un réseau internet inégal, cette portée constitue un canal d’information structurant, dont la couverture territoriale dépasse celle de la RTNC publique.

Les lettres pastorales sont l’instrument central de cette parole. Officiellement spirituelles, elles dénoncent régulièrement la corruption, la mauvaise gouvernance et les dérives électorales. Pour leurs détracteurs, ce sont des consignes de vote à peine voilées. Pour leurs défenseurs, c’est l’exercice ordinaire d’une institution civile prenant position sur la chose publique. Dans une République où peu d’institutions civiles disposent d’une voix nationale, ce rôle n’est pas anecdotique.

Mais c’est sur le terrain électoral que la CENCO pèse le plus structurellement. En 2018, la conférence épiscopale a déployé plus de trente mille observateurs sur l’ensemble du territoire pour l’élection présidentielle. Ce maillage, plus dense que celui de la CENI sur certains terrains, n’est pas un instrument de pression politique. C’est l’infrastructure sans laquelle la crédibilité du scrutin ne tient pas. Quand la CENCO publie son rapport d’observation, les chancelleries occidentales, l’Union africaine et les institutions financières internationales prennent acte. Quand elle s’abstient ou refuse de cautionner, le résultat officiel perd sa légitimité internationale. C’est devenu le mécanisme central de validation des scrutins congolais.

Le boycott reste l’arme ultime. Si l’Église ferme ses paroisses aux urnes ou se déclare incapable de cautionner le processus, plus aucun scrutin congolais n’est crédible aux yeux des partenaires extérieurs. Le pouvoir politique le sait. C’est ce qui explique l’attention extrême portée aux signaux émis par la CENCO à chaque cycle électoral, et l’effort de séduction ou de neutralisation déployé à chaque seuil sensible.

III. La diplomatie parallèle, un soft power civil

Grâce à ses liens directs avec le Saint-Siège, la CENCO dispose d’un accès aux capitales occidentales que la diplomatie congolaise n’arrive pas toujours à obtenir avec la même fluidité. Les évêques sont reçus dans les parlements européens, les chancelleries nordiques, les bailleurs de fonds américains. Le Vatican lui-même, à travers la nonciature apostolique à Kinshasa, joue un rôle de relais politique dans les moments de tension.

Dans les crises régionales, la CENCO joue régulièrement les médiateurs, parfois là où l’Union africaine peine à imprimer sa marque. Ses réseaux dans les pays voisins, à travers les autres conférences épiscopales d’Afrique centrale, lui confèrent une circulation diplomatique que la chancellerie congolaise n’a pas reconstruite depuis les années Mobutu.

Ce soft power est une réalité. Sa nature est, là encore, plus complexe que celle d’un État parallèle. C’est de la diplomatie civile dans un contexte où l’État central a perdu une grande partie de sa capacité de représentation extérieure. La question n’est pas de savoir si la CENCO devrait avoir ce rôle, mais qui d’autre, à part elle, dispose des réseaux et de la crédibilité nécessaires pour le tenir.

IV. L’empire médiatique, ou la couverture des angles morts

La CENCO contrôle plus de deux cents radios communautaires à travers le pays, dont plusieurs centaines dans les zones rurales que les opérateurs commerciaux et la RTNC n’atteignent pas. Dans un État où internet reste un luxe urbain, où la télévision nationale fonctionne de manière intermittente, et où les radios privées se concentrent dans les capitales provinciales, ces radios constituent souvent le principal canal d’information de millions de citoyens.

Les programmes ne se limitent pas aux messes. Débats politiques, analyses économiques, émissions citoyennes, plages d’information locale, alphabétisation. Toujours avec une orientation de valeurs chrétiennes, qui imprègne la grille éditoriale sans toujours la déterminer. Face à une télévision nationale aux moyens limités, la CENCO est devenue, sur le segment rural, le principal pourvoyeur de service public médiatique.

L’institution s’est aussi adaptée à l’ère numérique. Pages Facebook diocésaines, groupes WhatsApp paroissiaux, contenus TikTok issus des aumôneries de jeunesse, présence sur les principales plateformes. Cette adaptation rapide à un environnement digital lui permet de toucher la jeunesse urbaine que les sermons dominicaux n’atteignaient plus.

Comme pour la diplomatie et l’observation électorale, la lecture honnête est que cette infrastructure médiatique remplit un vide. Ce qui appelle, dans une République normalement constituée, à reconstruire les capacités du service public concurrent. Mais ce qui, dans la République actuelle, fournit aux Congolais une information dans des zones où aucune autre institution ne s’aventure plus.

V. La fonction de contre-pouvoir civil dans un État affaibli

Voilà la lecture qu’il faut faire honnêtement. La CENCO n’est ni un État parallèle ni une théocratie en formation. C’est une institution civile qui occupe l’espace laissé vacant par un État défaillant, parce qu’elle dispose de l’infrastructure historique et de la crédibilité accumulée nécessaires pour le faire.

L’argument se compare. En Pologne, sous régime communiste, l’Église catholique a joué un rôle structurel dans la mobilisation civile sans devenir un État alternatif. Dans le Brésil de la dictature militaire, la même Église catholique a fourni les espaces de débat que l’État interdisait sans devenir une théocratie. Dans le Chili de Pinochet, la Vicaría de la Solidaridad a documenté les disparitions sans usurper l’autorité du gouvernement. La constante n’est pas religieuse. Elle est structurelle. Dans les contextes où l’État central est en crise ou se durcit, les institutions civiles dotées d’infrastructure et de continuité prennent en charge des fonctions de représentation, de médiation et de témoignage.

La CENCO appartient à cette catégorie. Sa puissance est réelle. Son agence est documentée. Sa transparence financière demeure une question de gouvernance interne qui mérite d’être posée. Mais son existence, dans la forme actuelle, est moins un problème démocratique qu’une réponse à un problème démocratique antérieur, celui d’un État qui n’assume plus une partie significative de ses fonctions constitutionnelles. Dire que la CENCO est trop puissante revient, dans le contexte congolais, à dire que l’État central est trop faible. Les deux propositions sont indissociables.

La question légitime est celle de la responsabilité interne de la CENCO comme institution. Comment ses dignitaires sont-ils choisis ? Comment ses ressources sont-elles allouées ? Comment ses prises de position sont-elles arbitrées ? Quel mécanisme de redevabilité existe pour les fidèles vis-à-vis des évêques ? Ces questions touchent à l’éthique institutionnelle ecclésiale et à la transparence financière. Elles sont posables sans être complotaires.

Quant à la prédication, qu’on aurait pu lire en 2025 comme un opium des peuples, le test de juin 2026 fournit la réponse. Quand l’Église a, à plusieurs reprises depuis 1991, exigé la transition démocratique, organisé l’observation électorale, médité les conflits avec le M23, et refusé en juin 2026 le glissement constitutionnel, elle n’a pas joué la résignation. Elle a joué l’engagement civique. Il y a, dans le contexte congolais, une lecture théologique de l’engagement social qui a sa cohérence et sa tradition, et qui n’a pas attendu Congo Herald pour exister. C’est en restant fidèle à cette tradition que la CENCO a refusé le 20 juin 2026 d’authentifier le projet référendaire.

VI. Trois décennies d’agence institutionnelle, 1991, 2016, 2025, 2026

Le 7 février 2025, en pleine offensive AFC/M23 dans l’Est, la CENCO et l’Église du Christ au Congo ont présenté un plan conjoint de sortie de crise, incluant une feuille de route de cessez-le-feu et de dialogue inter-congolais. Le plan a été présenté sans mandat du gouvernement Suminwa. L’article original lisait cet acte comme une usurpation, un cas typique de diplomatie parallèle, agir d’abord, légitimer ensuite.

Relu à un an de distance, le geste s’inscrit dans une séquence cohérente d’agence civile institutionnelle qui dépasse largement le moment de 2025. Sept épisodes structurent cette séquence.

En 1991-1992, la Conférence nationale souveraine, présidée par Monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya, alors archevêque de Kisangani, dote la Deuxième République finissante d’une plate-forme institutionnelle qui ouvre la voie à la transition démocratique.

En 2002-2003, lors des négociations de Sun City, la CENCO accompagne les acteurs congolais dans la formulation de la transition post-conflit et porte une partie des arbitrages sur le partage du pouvoir.

En 2016, la CENCO négocie et fait signer l’Accord de la Saint-Sylvestre, qui sortira finalement le pays du glissement Kabila et débloquera les élections de 2018.

En 2018, la CENCO déploie plus de trente mille observateurs pour la présidentielle, dont le rapport d’observation continue de constituer l’une des références sur ce scrutin.

En 2023-2024, lettres pastorales sur les irrégularités électorales et l’instabilité sécuritaire à l’Est, position constante en faveur de la transparence.

En février 2025, plan conjoint avec l’ECC pour la sortie de crise face au M23, en l’absence d’initiative crédible du gouvernement ou de l’Union africaine.

En juin 2026, déclaration publique au terme de trois jours de plénière extraordinaire, refus du projet de révision constitutionnelle et défense explicite de l’article 220 de la Constitution.

Cette séquence de sept épisodes sur trente-cinq ans dessine une pratique institutionnelle cohérente. Ce n’est pas une usurpation. C’est l’exercice d’une fonction civile que l’État central, dans les périodes où il aurait pu l’exercer, n’a pas su ou pas voulu exercer lui-même. Le débat sur la légitimité de cette agence est légitime. Mais il faut le mener honnêtement, en comparaison avec ce qui se serait produit sans elle.

VII. Le 20 juin 2026, ce que la mobilisation confirme

Le samedi 20 juin 2026, devant les caméras, le secrétaire général de l’UDPS Augustin Kabuya a déchiré la déclaration que la CENCO venait de rendre publique au terme de trois jours de plénière extraordinaire à Kinshasa. La déclaration, lue par Monseigneur Donatien Nshole, rejetait toute nécessité, urgence ou opportunité de modifier la Constitution du 18 février 2026. Le verrou défendu portait un numéro, l’article 220, celui qui rend intangibles le nombre et la durée des mandats.

L’image de Kabuya déchirant la feuille a tourné en quelques heures. Mais ce qu’elle révèle est différent de ce qu’elle montre. Si le pouvoir politique en venait à déchirer publiquement la déclaration d’une institution dépourvue de capacité d’action, le geste serait insignifiant. Il prend son sens précisément parce que la CENCO dispose de la capacité de mobilisation, de l’infrastructure d’observation, du soft power diplomatique et de la portée médiatique pour rendre coûteux un référendum mené sans son aval. Sans bénédiction épiscopale, comme l’avait posé notre article sur le Glissement 2.0 du 21 juin, la loi référendaire naît morte.

C’est exactement la puissance que nous décrivions en août 2025. Et c’est exactement cette puissance qui, à l’heure où nous écrivons, retient l’État de basculer dans le glissement constitutionnel sous couvert d’un référendum organisé dans des provinces qu’il ne gouverne plus.

Nous décrivions en 2025 un État dans l’État. Le 20 juin 2026 révèle ce que cette formule, sur laquelle il faut désormais se prononcer honnêtement, dit vraiment. Pas une substitution. Pas une théocratie. Une institution civile dont le poids est devenu une condition de stabilité constitutionnelle d’une République où les institutions étatiques ne parviennent plus à se réguler elles-mêmes. Cette lecture corrige le cadrage de notre version originale sans en effacer le constat. La CENCO est massivement puissante. Elle pèse sur les calendriers politiques. Elle dispose de leviers que peu d’institutions congolaises maîtrisent. Mais la conclusion qu’il faut en tirer n’est pas qu’elle gouverne. C’est qu’elle empêche l’État d’être totalement capturé.

Reste, à juste titre, la question de la redevabilité interne. Une institution dont le poids dépasse celui d’un ministère mérite que la transparence financière qu’elle exige du Trésor public soit aussi exigée d’elle-même. C’est le débat à venir, et il sera utile. Mais il devra se mener à l’égal de la lucidité que les évêques eux-mêmes exigent des autres pouvoirs, et non comme un règlement de comptes anticlérical qui sert objectivement le camp qui voudrait, en juin 2026, qu’aucune institution ne soit plus en mesure de dire non.

VIII. Et si le contre-pouvoir était précisément ce qu’il fallait

L’article original d’août 2025 se demandait, en clôture, si le vrai gouvernement portait une soutane. La question avait sa force rhétorique. Elle se révèle, à l’usage, mal posée.

Le vrai gouvernement ne porte pas de soutane. Il porte des écharpes présidentielles, des décrets ministériels, des ordonnances et des arrêtés. Il dispose de l’armée, de la diplomatie officielle, de la fiscalité, des entreprises publiques. Ce sont ces instruments qui définissent un État souverain. Ce sont ces instruments qui ont, en RDC, dérivé loin de leur fonction constitutionnelle au cours des trois dernières républiques.

La soutane ne gouverne pas. Elle observe. Elle s’exprime. Elle mobilise. Elle accompagne. Et, parfois, elle dit non. Ce non est, à l’heure du glissement 2.0, l’un des derniers leviers institutionnels qui empêche la République de basculer dans une refonte constitutionnelle organisée en pleine guerre, dans des provinces qu’elle ne gouverne plus, sous l’empire d’une obligation de traité dont la convergence avec l’ambition d’un mandat de plus n’est, désormais, plus à démontrer.

Reposons donc la question, en l’inversant. Et si le contre-pouvoir civil que nous décrivions en 2025 comme un État dans l’État était, en réalité, précisément ce qu’il fallait pour défendre la République ? Et si la fonction de la CENCO, dans la séquence congolaise actuelle, n’était pas de se substituer à l’État, mais de l’empêcher de se substituer lui-même à la Constitution ?

Cette question, c’est celle que nous nous posons en juin 2026, douze mois après notre première analyse. La puissance demeure. Le cadrage change. Et la conclusion, par honnêteté éditoriale, change avec.


Mise à jour éditoriale. Cet article actualise et recalibre la première version publiée le 19 août 2025. Sont préservées les données factuelles documentées en 2025 sur le patrimoine, les revenus, l’influence électorale, la diplomatie et l’empire médiatique de la CENCO. Sont recalibrées la lecture analytique de ces faits et leur intégration dans le contexte de la crise constitutionnelle de mai et juin 2026. Sont ajoutées une section refondée sur la fonction de contre-pouvoir civil, une section sur la séquence trentenaire d’agence institutionnelle de la CENCO depuis 1991, et une section sur la mobilisation du 20 juin 2026. Le closing original est inversé. La thèse centrale de l’article original sur la puissance institutionnelle de la CENCO est conservée. Sa qualification politique est précisée. Ce que nous prenions pour un État parallèle se révèle, à l’usage, être un contre-pouvoir civil indispensable dans un État affaibli.

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