Kinshasa, 27 décembre 2024. Le jour de Noël, Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la puissante CENCO, a utilisé sa chaire pour mentir au peuple congolais. Pas une erreur d’interprétation. Pas un malentendu diplomatique. Un mensonge pur et simple, facilement vérifiable, sur l’accord signé entre la RDC et les États-Unis.
Muteba a affirmé que cet accord engage le pays pour 99 ans, qu’il constitue du « colonialisme économique« , un « sacrifice » pour la population et une « confiscation du bonheur aux générations futures ». Des accusations graves.
Le problème ? Elles sont entièrement fausses.
Le ministre Patrick Muyaya l’a démenti publiquement sur le réseau x, documents à l’appui: « Il n’existe ni accord de 99 ans, ni bradage des ressources, ni le nom d’aucune mine encore moins une quelconque forme de cession de souveraineté dans ce texte. » Puis il a posé la question qui tue: « Dites-nous, Mgr., de quel texte tirez-vous les 99 ans sur lesquels vous avez insisté ? »
Des jours plus tard, toujours aucune réponse. Ni de Muteba, ni d’Olivier Kamitatu, ni d’aucun défenseur de l’archevêque. Parce qu’il n’y a pas de réponse possible. Le chiffre 99 n’apparaît nulle part dans l’accord. Muteba a menti, point final.
L’Hypocrisie Totale: Ce Qu’il Fait Lui-Même, Il Le Condamne
L’ironie devient insoutenable quand on sait que Muteba lui-même a « sillonné les grandes capitales » pour négocier la paix. Il est allé à Doha rencontrer le prince du Qatar. Et que s’est-il passé là-bas ? Ses propres mots le condamnent: « J’ai lu dans les yeux de ce prince du pétrole non pas d’abord le désir de nous apporter la paix ou de nous aider à nous en sortir. Après avoir parlé de paix, immédiatement, on a commencé à nous poser des questions sur les minerais. »
Attendez. Muteba critique l’accord USA-RDC parce qu’il concerne les minerais, mais il négocie lui-même avec le Qatar qui veut… les minerais congolais ?
La différence ? L’accord avec les USA est public, transparent, contrôlable. Les discussions de Muteba à Doha restent dans l’ombre.
Un évêque qui voyage sans mandat du gouvernement, rencontre des princes pétroliers intéressés par les minerais, puis rentre mentir sur un accord commercial transparent depuis sa chaire de Noël. C’est soit de l’incompétence monumentale, soit de la manipulation délibérée.
Choisissez votre option, les deux sont catastrophiques pour un homme censé guider spirituellement 50 millions de fidèles.
Le Silence Stratégique du Cardinal: Kagame Peut Dormir Tranquille
Pendant que Muteba invente des scandales sur un accord commercial, le Cardinal Fridolin Ambongo, primat de l’Église catholique congolaise, perfectionne l’art du silence sélectif. Des milliers de Congolais meurent chaque semaine dans l’Est. Plus de 500 000 personnes déplacées après l’attaque d’Uvira. Le Rwanda augmente ses exportations de coltan de 213% en six mois grâce au pillage de Rubaya et d’autres mines du Nord et Sud-Kivu.
La réaction du Cardinal ? « Les initiatives de paix actuelles ont montré leurs limites… le dialogue véritable est indispensable. » Pas un mot sur Kagame. Pas un mot sur l’agresseur documenté par l’ONU, Human Rights Watch, Amnesty International. Juste des appels vagues au « dialogue ».
Comme le rappelait Patrick Muyaya: « Pour la messe de Noël, il aurait fallu des mots clairs pour condamner les hordes rwandaises et leurs supplétifs qui fauchent chaque jour des milliers de vies de nos compatriotes, y compris les chrétiens catholiques dans les parties sous occupation. »
Ces chrétiens massacrés, ne sont-ils pas les brebis du Cardinal ?
Cette asymétrie morale n’est pas accidentelle. L’Église qui ment sur un accord avec les États-Unis reste muette face aux crimes documentés du Rwanda. Cette sélection révèle tout.
Pourquoi Ce Mensonge ? Suivez l’Argent et le Pouvoir
Pour comprendre cette homélie mensongère, il faut saisir ce que représente l’accord USA-RDC.
Ce n’est pas qu’un contrat commercial. C’est une menace existentielle pour tout un système qui prospère depuis 30 ans sur le chaos congolais. D’ailleurs, le Kabila Inc en fait partie.
Voici ce que change réellement cet accord: le Rwanda a eu la derniere chance de sortir à tête haute de ce conflit, fin de l’industrie lucrative des « dialogues » qui n’aboutissent jamais, menace pour les réseaux de pillage qui enrichissent Kigali et certains politiques congolais, et affaiblissement du rôle de « médiateur indispensable » que joue la CENCO.
La CENCO n’est pas qu’une Église. C’est un empire économique: premier propriétaire foncier après l’État, certains diocèses avec des budgets supérieurs à des ministères, 200 radios communautaires qui façonnent l’opinion de 70% des Congolais, 30 000 « observateurs » électoraux, et un réseau diplomatique parallèle via le Vatican.
Pendant plus de 25 ans, chaque crise a généré son lot de « dialogues »: Lusaka 1999, Goma 2008, Addis-Abeba 2013, Nairobi 2022, Doha 2025. Des millions de dollars engloutis par cycle.
Résultat ? L’instabilité persiste, l’impunité règne, le Rwanda pille. Ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité intégrante du système. La résolution du conflit menacerait les carrières et les financements de ceux qui vivent de la médiation.
L’accord avec les USA court-circuite tout ça. Il crée enfin un rapport de force différent. Voilà pourquoi Muteba ment si désespérément. Il ne protège pas « les générations futures ». Il protège un système dont son organisation et leurs partenaires politico-economiques sont parties prenantes.
L’Alliance Révélée: AFC/M23-PPRD-Sauvons la RDC-Ensemble-CENCO
Qui sont les les défenseurs et protecteurs les plus farouches de Muteba ? Katumbi, Kabila et leurs reseaux respectifs. Cette coalition partage des positions étrangement alignées sur celles du M23: prises d’armes de terreurs contre les populations civiles, opposition systématique au gouvernement, appels au « dialogue » sans conditions, silence sur l’agression rwandaise, décrédibilisation des partenariats internationaux du Congo.
En août 2025, quand la justice militaire a requis la peine de mort contre Kabila pour complicité avec le M23, la CENCO est immédiatement intervenue pour dénoncer cette sentence comme « inhumaine ». Ce schéma se répète depuis des décennies: chaque fois qu’un puissant risque la prison, l’Église surgit pour imposer son « dialogue » salvateur. La justice congolaise finit systématiquement neutralisée.
Cette convergence n’est pas fortuite. Elle révèle une coordination entre acteurs politiques congolais et l’agenda rwandais, avec l’Église comme facilitateur moral disposant de moyens colossaux.
La Question de l’Immunité: Quand le Spirituel Devient Politique
Muteba a fait un choix. En prononçant une homélie ouvertement politique, en formulant des accusations précises et mensongères contre des actes de gouvernement, il est entré dans l’arène politique. Il doit donc accepter d’être traité comme un acteur politique.
La Constitution congolaise (Article 1er) établit la RDC comme État laïc. Ce principe n’interdit pas aux religieux de s’exprimer, mais il interdit à toute institution religieuse d’instrumentaliser sa position pour désinformer sur des politiques publiques. Quand un archevêque utilise sa chaire pour diffuser de fausses informations sur un accord d’État, ce n’est plus de l’évangélisation, c’est de la désinformation politique.
Le gouvernement a le plein droit de répondre. Comme l’a souligné un citoyen observateur sur internet: « Le fait pour Muteba d’émettre des avis politiques entraîne logiquement la possibilité de répliques politiques. Ses alliés ne peuvent faire prévaloir son statut religieux pour revendiquer une quelconque immunité. » Le ministre Muyaya, malgrés ses fréquentes sorties incohérentes, a donc le plein droit de dire au « représentant de Dieu » que ses affirmations sont factuellement fausses.
L’État congolais dispose de leviers qu’il hésite à utiliser: la désinformation publique est un délit pénal ordinaire, le statut religieux ne confère pas l’immunité face aux lois de la République, et la transparence financière peut être exigée sur les flux étrangers qui alimentent des activités politiques de désinformation déguisées en religieuses. Mais par déférence ou calcul, l’État laisse faire. Cette passivité encourage l’impunité.
La Vraie Priorité: Sécurité Avant Minerais
Comme l’a dit un citoyen lucide sur le réseaux x, « la sécurité de nos populations vaut plus que nos minerais. » Le Congo est en guerre. Des compatriotes meurent quotidiennement. Dans ce contexte, un partenariat avec la première puissance mondiale n’est pas un « sacrifice », c’est une nécessité stratégique.
Les infrastructures créeront des emplois. Les investissements renforceront l’économie. Les liens diplomatiques disuaderont les agresseurs. Mais Muteba préfère inventer des scandales sur cet accord plutôt que de dénoncer le pillage et crimes rwandais documentés. Ses priorités sont claires: elles ne correspondent pas à celles du peuple congolais.
L’Heure des Questions Sans Réponse a sonné
Au Mgr Muteba: De quel texte tirez-vous les 99 ans ? Acceptez-vous le débat public proposé par le ministre Muyaya ? Pourquoi négocier avec le Qatar intéressé par les minerais tout en condamnant l’accord USA-RDC ?
Au Cardinal Ambongo: Pourquoi refusez-vous de nommer Kagame ? Vos fidèles massacrés ne méritent-ils pas que vous dénonciez leurs bourreaux ?
Au Vatican: Allez-vous rappeler à l’ordre ces évêques qui violent le droit canonique ? Le silence de Rome équivaut-il à une approbation ?
À l’État congolais: Allez-vous faire respecter la laïcité constitutionnelle et poursuivre la désinformation publique ?
Le Moment de Vérité
Cette affaire dépasse le simple buzz. C’est une question de survie nationale. Quand l’institution censée être la conscience morale du peuple devient l’instrument de sa destruction, la vigilance devient un devoir.
Le temps des ambiguïtés est révolu. Muteba et Ambongo doivent choisir: soit ils reconnaissent leurs mensonges, produisent des preuves, dénoncent l’agression rwandaise et respectent la séparation Église-État. Soit ils assument ouvertement leur rôle dans la stratégie de déstabilisation orchestrée par l’alliance AFC/M23-Kabila-Rwanda.
Le peuple congolais a les yeux ouverts. La soutane n’est plus un bouclier. Le mensonge sera documenté. La trahison sera nommée. Et l’histoire retiendra qui a choisi le camp de la République et qui a choisi celui de ses ennemis.
Aux fidèles catholiques: Votre foi n’exige pas l’aveuglement. Exigez que vos leaders disent la vérité. La sécurité du Congo est plus importante que les agendas politiques de prélats qui violent leurs propres règles.
L’heure est à la clarté, pas à la diplomatie. L’heure est à la vérité, pas aux mensonges de Noël. L’heure est à la résistance, pas à la résignation. Et surtout, l’heure est à l’application de la loi — pour tous, même en soutane.
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Dans une démocratie, aucune institution n’est au-dessus de la critique factuelle. Dans un État de droit, personne n’est au-dessus de la loi.



