Le 13 mars 2026, le ministre des Mines, Louis Watum, a signé l’approbation de la cession de Chemical of Africa — Chemaf — à Virtus Minerals. Officiellement, c’est l’Accord de Partenariat Stratégique USA-RDC qui se met en œuvre. Officieusement, c’est la fin d’une séquence de plusieurs mois dont les dessous n’ont jamais été racontés en entier.
Congo Herald avait tiré la sonnette d’alarme le 27 janvier 2026. Notre article notait l’absence conspicuatoire de la DFC — la Development Finance Corporation américaine — dans le montage Virtus. Les banques africaines, pas Washington, portaient le risque. La question posée était simple: si les États-Unis veulent vraiment sécuriser Chemaf pour leurs intérêts stratégiques, pourquoi leur propre bras financier est-il absent du deal ? Deux mois plus tard, la réponse est claire. La DFC n’était pas nécessaire. La pression diplomatique suffisait.
L’actif et les prétendants
Chemaf n’est pas une mine ordinaire. Implantée à Kolwezi avec la mine de Mutoshi et à Lubumbashi avec le site d’Étoile, elle produit du cuivre et du cobalt sur des permis accordés par la Gécamines. Ses projets d’extension sont achevés à 80%. Un investissement résiduel de 300 millions de dollars suffirait à porter la production annuelle à 75 000 tonnes de cathodes de cuivre et 25 000 tonnes d’hydroxyde de cobalt. Un actif quasi clé en main, à l’heure précise où Washington cherche à desserrer l’étau chinois sur les minerais critiques.
Norinco, le géant de l’armement chinois, l’avait compris avant tout le monde. Il s’était positionné. Washington l’a bloqué discrètement en 2024. Premier acte.
Entre alors Buenassa. Entreprise congolaise dirigée par Eddy Kioni, elle présente une offre ferme: 1,5 milliard de dollars, adossée à 1,2 milliard de financement de la United Bank for Africa. La proposition couvre intégralement la dette de Chemaf — estimée à près d’un milliard de dollars. La logique industrielle est irréprochable: sécuriser les approvisionnements en matières premières pour construire une chaîne intégrée de l’extraction au raffinage, sur vingt ans, en RDC. Exactement ce que le gouvernement congolais dit vouloir depuis des années.
Eddy Kioni ne se tait pas. Il publie sur LinkedIn. Il documente sa démarche. Il affirme publiquement que son offre est supérieure, que le processus est opaque, que les règles changent en cours de route.
Il avait raison.
L’offre qui gagne sans convaincre
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